Les résultats du baromètre Arti Santé 2019

Les résultats du baromètre Arti Santé, 6e édition, sont parus. Parmi les enseignements : une diminution du rythme de travail et un regain d’optimisme, mais de plus en plus de dirigeants qui déclarent leur métier très exigeant et une difficile déconnexion au quotidien.

Arti Santé, est une enquête nationale visant à évaluer chaque année les conditions de travail et la santé des chefs d’entreprise artisanale du BTP. La dernière étude a été menée en novembre et décembre 2019, grâce aux réponses apportées par 2053 dirigeants d’entreprise artisanale du BTP et du paysage. Focus sur ses principaux enseignements.

Rythme de travail, équilibre vie professionnelle / vie personnelle, exigence

En 2019, les dirigeants étaient de moins en moins nombreux à travailler 6 ou 7 jours par semaine : 54 % contre 59 % en 2018. Et la proportion des dirigeants travaillant plus de 60 heures par semaine s’affichait également à la baisse : 21 % contre 26 % en 2018.

Cette intensité du rythme de travail varie en fonction de la taille de l’entreprise, les dirigeants employant entre 11 et 15 salariés étant plus susceptibles de travailler plus 60 heures (38%) par rapport aux artisans travaillant seuls (14%). Ce rythme soutenu s’explique notamment par la lourdeur des tâches administratives. Pour près de la moitié des chefs d’entreprises, celles-ci représentent pas moins de 25 % de leur temps de travail.   

Les congés des dirigeants étaient également de plus longue durée, avec une augmentation du nombre de dirigeants s’octroyant plus de deux semaines.

Malgré tout, 87 % des répondants ont le sentiment que leur vie professionnelle empiète sur leur vie privée et 75 % d’entre eux considèrent qu’ils ne sont pas assez disponibles pour leur entourage. Aussi 51 % des chefs d’entreprise continuaient à consulter leurs mails chaque jour ou tous les jours durant leurs congés, afin de rester disponible pour leurs clients à 34 % d’entre eux.

Le poids de l’exigence physique et mentale du métier, déjà élevé, continue par ailleurs d’augmenter : + 5 points pour l’exigence physique entre 2018 (78%) et 2019 (83%), + 3 points pour l’exigence mentale, passée de 88 % à 91 % en 2019.  

Poids de l’activité sur la santé des chefs d’entreprise, intérêt pour un suivi médical

En 2019, les chefs d’entreprise étaient 54 % à se montrer optimistes concernant leur activité, contre 40 % en 2018 et 65 % se disaient totalement épanouis dans leur métier. Avec un point d’attention tout de même : 21 % des dirigeants en difficultés financières déclaraient se faire aider et seuls 26 % savaient vers qui se tourner en cas de besoin.

Et si la proportion des dirigeants qui se déclarent stressés reste stable à 58 %, c’est l’intensité du stress qui augmente. En cause principalement : le poids des démarches administratives, la charge de travail, les contraintes de délais et une demande de réactivité de plus en plus forte. Ainsi, 84 % des répondants déclarent travailler dans l’urgence.

Une situation qui n’est pas sans conséquence sur la qualité du sommeil, avec un risque accru d’épuisement professionnel. 6 % en 2019 contre 5 % en 2018 se déclarent ainsi concernés par le burn-out. Et cela risque bien de se renforcer cette année avec la gestion de la crise sanitaire à laquelle les chefs d’entreprise devront faire face.   

D’autant plus qu’ils sont peu nombreux à consulter régulièrement leur médecin (45%) et que 48 % des répondants pensent que leur situation nécessiterait un arrêt de travail qu’ils ne prennent pas pour maintenir l’activité de l’entreprise. Ils seraient cependant 68 % à être intéressés par un suivi médical en lien avec leur activité professionnelle par leur médecin généraliste ou un autre professionnel. 

Pour consulter et télécharger l’enquête complète, c’est ici !