Les artisans et la qualification RGE

Quelle est la perception des artisans face à la qualification RGE ? C’est à cette question que répond l’étude commanditée par la CAPEB à l’IFOP en juin dernier, dont les résultats ont été publiés cet été. Une enquête menée auprès de 402 artisans du Bâtiment qualifiés, représentatifs du secteur.

Premier fait notable : une nette majorité d’entreprises considère que la qualification RGE leur a ouvert les portes du marché de la performance énergétique. Ils sont ainsi 61 % à expliquer avoir retiré des bénéfices de leur qualification, et ce, à différents niveaux : attirer de nouveaux clients (66 % des citations), contribuer au développement durable (53%), améliorer l’image de l’entreprise (45%) ou encore développer son chiffre d’affaires (37%).

Malgré tout, 53 % de ces mêmes entreprises considèrent que la qualification n’est pas adaptée aux TPE. C’est le cas notamment de 59 % des artisans sans salariés, et des domaines d’activité les plus sollicités par les particuliers : 69 % de ceux qui installent des chaudières, 59 % pour ceux dont l’activité se concentre sur la pose de fenêtres et volets.

Parmi les principales difficultés : le montage du dossier de qualification pour 54 % des artisans, pour le temps passé à fournir les références chantiers (89% de citations), les difficultés à obtenir les documents administratifs (à 43%) ou encore l’absence d’interlocuteurs dédiés (à 22%). 35 % des artisans interrogés évoquent également des difficultés pour renseigner le dossier de révision, 16 % lors de l’audit. Face à ces situations, 40 % des artisans ayant rencontré des difficultés à monter les dossiers souhaitent ainsi la suppression du dispositif, contre 22 % pour ceux qui n’en ont pas rencontré.

Améliorer plutôt que supprimer

Si des voix s’élèvent pour la suppression pure et simple du label, d’autres appellent à renforcer sa crédibilité en luttant en premier lieu contre les pratiques commerciales douteuses et la non-qualité des travaux : 68 % des artisans demandent ainsi l’exclusion des entreprises frauduleuses. Deuxième axe primordial d’amélioration : la simplification des procédures de qualification, à 54 %.  

Face à ces résultats, les pouvoirs publics ont été appelés à suivre ces deux axes d’amélioration, et le souhait a été émis de voir mis en œuvre des audits « au coup par coup », avec contrôles systématiques de fin de chantier. Des audits qui permettraient aux entreprises ne disposant pas du label RGE, car présentant une trop faible activité dans la rénovation énergétique, de faire tout de même bénéficier leurs clients de subventions.