Le baromètre ARTI Santé 2020 vient de paraître

L’année 2020, marquée par la crise sanitaire et économique, a sans surprise eu des répercussions sur l’activité des entreprises du BTP et sur la santé des artisans, comme le souligne la 7e édition du baromètre ARTI Santé BTP. Focus sur les principaux résultats de cette enquête menée entre décembre 2020 et janvier 2021.

Première certitude, l’état d’esprit général des Français face à la crise, les aides à rembourser, et surtout le manque de perspectives, ont miné la confiance des dirigeants, leur optimisme concernant l’avenir de leur entreprise s’établissant à 46 % en 2020 contre 54 % en 2019.

La pérennité des entreprises s’affiche, elle, à 23 % contre 31 % en 2019, du fait des mesures de soutien gouvernementales qui ont permis de contenir les effets de la crise. Les dirigeants de ces entreprises menacées déclarent à 52 % avoir réussi à en parler, et ils sont 27 % à se faire aider. Si ces chiffres paraissent faibles, ils sont toutefois en hausse, preuve que les artisans sont de plus en plus enclins à se faire accompagner. 69 % déclarent aujourd’hui savoir vers qui se tourner. Ils n’étaient que 59 % en 2019.  

Lors du 1er confinement à la mi-mars 2020, une majorité d’entreprises se sont arrêtées 1 à 2 semaines a minima, mais 95 % des dirigeants ont poursuivi une activité administrative liée directement à la crise : demande d’aides financières, chômage partiel ou mise en œuvre de règles de sécurité. 80 % ont également eu à cœur de maintenir le lien avec leurs salariés par téléphone ou mail.

Le rythme de travail reste aujourd’hui soutenu, mais en légère diminution : 47 % des artisans déclarent travailler 6 à 7 jours par semaine contre 54 % en 2019. Le nombre de dirigeants travaillant plus de 60 heures par semaine est aussi en baisse à 18 % contre 21 % en 2019. L’augmentation de la fatigue ressentie en fin d’année est quant à elle liée à une crise qui a surtout impacté les congés : 27 % des dirigeants les ont réduits, 21 % n’en ont pas pris du tout, 47 % ont pris moins de deux semaines en 2020 contre 30 % en 2019. 

Quant au stress liée à cette situation inédite, il est, sans grande surprise, en hausse, à 60 % contre 58 % sur les 4 dernières années, et monte à 82 % chez les chefs d’entreprise dont la pérennité est menacée. Ils restent nombreux à percevoir leur travail comme mentalement exigeant, à 90 %(contre 91 % en 2019, 88 % en 2018), et même très exigeant à 59 % (contre 57 % en 2019 et 46 % en 2018).

Les dirigeants sont en outre 85 % à rencontrer des difficultés pour trouver le bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. 32 % des répondants déclarent également avoir rencontré des difficultés psychiques en 2020, mais les artisans sont de plus en plus nombreux à oser faire part de leur mal-être.

Les artisans se disent malgré tout en bonne santé à 82 % contre 72 % en 2019. Ainsi les dirigeants se déclarant assez voire très fatigués sont moins nombreux, à 49 % contre 58 % en 2019. Ils sont également 75 % à avoir le moral au beau fixe.

Enfin, une majorité de répondants déclarent avoir réussi à tirer des enseignements positifs de cette crise : 34 % se sont mis à jour du point de vue administratif, d’autres en ont profité pour mener des réflexions sur leur activité et leurs possibilité de développement sur de nouveaux marchés.       

Cette positivité s’explique notamment par une reprise rapide de l’activité après le 1er confinement et parce que 76 % des répondants se sont sentis aidés et accompagnés par les dispositifs mis en place par les pouvoirs publics (soutien financier, protocoles sanitaires nécessaires à la poursuite de l’activité). 69 % des chefs d’entreprises déclarent également avoir été aidés par leur comptable, 66 % par les organisations professionnelles.