La nouvelle édition de l’enquête BMO, mise en ligne en avril 2026 par France Travail, prévoit près de 140 000 recrutements dans le secteur de la construction en 2026. Plus de 14 000 maçons, 9 500 ouvriers en électricité et plombiers chauffagistes sont recherchés cette année. Les tensions au recrutement restent élevées, car 65% de ces embauches seront difficiles à réaliser d’après les entreprises interrogées. Résultat d’une conjoncture incertaine, le nombre de projets de recrutement dans le secteur est cependant en baisse par rapport aux années précédentes.
Les professionnels recherchés : des ouvriers et des encadrants du BTP
Comme le démontre le tableau ci-dessous, les besoins de main d’œuvre concernent tous les corps de métiers et toutes les catégories de professionnels : les ouvriers du gros œuvre et du second œuvre du Bâtiment, les ouvriers des Travaux Publics et les encadrants du BTP, qu’ils soient cadres ou non. Ces besoins couvrent l’intégralité du territoire hexagonal et les DROM.
| Top 15 des métiers recherchés dans le secteur de la Construction en 2026 | Projets de recrutement |
| Maçons qualifiés | 14 320 |
| Ouvriers en électricité du bâtiment | 9 640 |
| Plombiers chauffagistes | 9 540 |
| Couvreurs | 8 780 |
| Ouvriers qualifiés en menuiserie et en agencement du BTP | 8 220 |
| Ouvriers de la construction en béton | 8 170 |
| Ouvriers qualifiés de l’extraction et des travaux publics | 7 010 |
| Ouvriers en pose et décoration de revêtements | 6 760 |
| Conducteurs de travaux et chefs de chantier non-cadres | 6 190 |
| Ouvriers en peinture en bâtiment | 6 080 |
| Charpentiers (métal et bois) | 5 010 |
| Conducteurs d’engins du bâtiment et des travaux publics | 4 850 |
| Ouvriers en travaux de façade, d’étanchéité et d’isolation | 4 700 |
| Ouvriers peu qualifiés de l’extraction et des travaux publics | 4 370 |
| Ingénieurs du bâtiment et des travaux publics, chefs de chantier et conducteurs de travaux (cadres) | 3 500 |
Les projets de recrutement diminuent…
-16 % de projets de recrutement dans la Construction entre 2025 et 2026
L’enquête BMO 2026 dénombre près de 2,28 millions projets de recrutement tous secteurs confondus soit une diminution de 6 % par rapport à 2025 et de 18 % par rapport à 2024.
Dans la Construction, 139 510 projets de recrutement sont comptabilisés pour 2026 soit 6 % de l’ensemble. La chute du volume de projets de recrutement est plus importante que la moyenne avec -16 % par rapport à 2025.
Le volume des intentions de recrutement diminue depuis plusieurs années : il a quasiment été divisé par deux en quatre ans (265 000 en 2022). Il s’accompagne d’une diminution de la part des établissements recruteurs (-2 pts par rapport à 2025) pour s’élever à 22 %, soit plus d’un établissement sur 5.
Zoom sur les métiers du BTP les plus impactés
Top 3 des métiers du BTP où le volume de projets de recrutement a le plus chuté [1] entre 2025 et 2026 :
- Cadres des études BTP, du métré de la construction et du contrôle et diagnostic technique du BTP : -40 % (570 en 2026 vs 950 en 2025)
- Plombiers chauffagistes : -27 % (13 040 vs 9 540)
- Ouvriers qualifiés en menuiserie et en agencement du BTP : -24 % (8 210 vs 10 840).
[1] Seuil minimal retenu : 100 projets de recrutement.
… mais les difficultés à recruter demeurent
65 % des projets de recrutement jugés difficiles dans la Construction en 2026
Quelle que soit la nature du projet de recrutement (saisonnier ou non), les difficultés de recrutement dans la Construction demeurent élevées puisque 65% des projets sont jugés difficiles (-0,9 pt par rapport à 2025). Ce taux est nettement supérieur à la moyenne tous secteurs confondus qui s’élève à 43,8 % en 2026 (-6,3 pts).
Zoom sur les métiers du BTP les plus impactés
Les ouvriers du gros œuvre du bâtiment sont les premiers impactés avec près des trois quarts des projets jugés difficiles (73 %), en particulier les couvreurs (80 %) suivis par les charpentiers métal et bois (76 %).
Les techniciens et agents de maîtrise du BTP arrivent en seconde position avec 7 projets de recrutement sur 10 jugés difficiles (71 %). Dans cette catégorie, les professionnels spécialisés dans l’installation et la maintenance en froid et conditionnement d’air sont les principaux concernés (80 %).
La catégorie socio-professionnelle des cadres du BTP est la seule qui a connu une augmentation des projets estimés difficiles entre 2025 et 2026 avec une progression de 7,1 pts.
| Métiers du BTP regroupés | % de projets jugés difficiles | Évolution 2025 – 2026 |
| Ouvriers du gros œuvre du bâtiment Techniciens, agents de maîtrise et assimilés du BTP Cadres du BTP Ouvriers du second œuvre du bâtiment Conducteurs d’engins du BTP Ouvriers des travaux publics, du béton et de l’extraction | 73 71 69 66 61 56 | -2,5 pts -0,6 pt +7,1 pts nulle -2,7 pts -3,0 pts |
Top 3 des métiers du BTP où la part de projets jugés difficiles augmente le plus [2] entre 2025 et 2026 :
- Ouvriers en montage réseaux électriques et télécoms : +11,5 pts
- Ingénieurs du bâtiment et des travaux publics, chefs de chantier et conducteurs de travaux (cadres) : +7,7 pts
- Dessinateurs en bâtiment et en travaux publics : +6,9 pts.
[2] Seuil minimal retenu : 100 projets de recrutement
Les projets et les difficultés de recrutement en régions
3 projets de recrutement dans la Construction sur 10 se situent en Ile-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes (respectivement 18,2 % et 12,7 %). Elles sont suivies par la Nouvelle-Aquitaine, qui concentre 9,4 % des projets. Ce trio de tête est inchangé par rapport à l’édition précédente et, plus largement, la hiérarchie régionale évolue peu.
Trois projets de recrutement sur quatre sont jugés difficiles en Pays de la Loire et en Bretagne (respectivement 75,8 % et 75,1 %). La troisième région où la part de recrutements jugés difficiles est la plus élevée est l’Auvergne-Rhône-Alpes (73,9 %). À l’inverse, la région PACA affiche la part la plus faible : 46,6 %.

Note de lecture : 25 340 projets de recrutement ont été dénombrées auprès des entreprises de la Construction pour 2026. En moyenne, 56,2% de ces projets sont jugés difficiles par les recruteurs.
La construction : 8ème secteur des intentions d’embauche et 3ème des difficultés de recrutement anticipées
Les projets de recrutement par secteur
Avec ses 139 510 projets de recrutement en 2026, la Construction se place au 8ème rang des secteurs qui recrutent le plus en France. Il perd une place au classement par rapport à l’année précédente et se fait détrôner par « l’administration publique, l’enseignement ». Globalement, le classement des secteurs évolue peu.
Tous secteurs confondus, les projets de recrutement ont diminué de 6,3 % par rapport à l’année précédente. Seuls 3 secteurs voient leurs intentions de recrutement augmenter par rapport à 2025. Il s’agit :
- des industries extractives, de l’énergie & de la gestion des déchets (+25 %) ;
- du travail du bois, du papier et de l’imprimerie (+5 %) ;
- de la santé humaine et de l’action sociale (+1 %).
| Secteur | Projets de recrutement | Évolution (%) 2025 – 2026 |
| 1. Santé humaine et action sociale | 319 910 | +0,8 |
| 2. Hébergement et restauration | 318 450 | -5,5 |
| 3. Services scientifiques, techniques, administratif & soutien | 299 490 | -10,6 |
| 4. Agriculture | 193 340 | -4,4 |
| 5. Autres activités de services | 179 530 | -5,3 |
| 6. Commerce de détail | 168 770 | -8,2 |
| 7. Administration publique, enseignement | 148 520 | -6,2 |
| 8. Construction | 139 510 | -16,4 |
| 9. Transports et entreposage | 82 130 | -9,1 |
| 10 .Industrie agroalimentaire | 74 410 | -4,7 |
| 11. Information et communication | 62 190 | -12,5 |
| 12. Commerce de gros | 58 290 | -8,4 |
| 13. Activités financières et d’assurance | 38 540 | -5,2 |
| 14. Commerce & réparation automobile | 30 450 | -10,2 |
| 15. Activités immobilières | 24 510 | -8,2 |
| 16. Industries extractives, énergie & gestion des déchets | 23 290 | +24,8 |
| 17. Métallurgie et produits métalliques | 21 650 | -2,9 |
| 18. Equipement électrique, électronique, informatique & machines | 21 020 | -3,5 |
| 19. Autres industries manufacturières | 19 740 | -11,3 |
| 20. Matériel de transport | 12 700 | -10,0 |
| 21. Caoutchouc, plastique & minéraux non métalliques | 11 770 | -0,8 |
| 22. Industrie chimique, pharmaceutique & raffinage | 10 980 | -2,8 |
| 23. Travail du bois, papier et imprimerie | 9 470 | +4,5 |
| 24. Textile, habillement, cuir, chaussure | 6 330 | -11,0 |
Les difficultés de recrutement par secteur
Sur les difficultés de recrutement, la Construction conserve sa 3ème place au classement par rapport à l’année précédente. Le « commerce et la réparation automobile » demeure au 1er rang avec 67 % de projets difficiles. Le secteur des « autres industries manufacturières », qui était 2ème l’année dernière, a cédé sa place au profit de la « métallurgie et des produits métalliques » (66 %).
Seul le secteur des activités immobilières estime que ses projets de recrutement seront en moyenne plus difficiles en 2026 par rapport à 2025 (+1,8 pt avec 46,6% des projets).

Les facteurs explicatifs de la chute des projets de recrutement
Pour France Travail, la baisse de 16% des projets de recrutement observée dans la Construction en 2026 s’explique d’abord par une prudence accrue des employeurs. Beaucoup peinent à anticiper leur niveau d’activité dans un contexte incertain. Le secteur reste, par ailleurs, très dépendant de l’investissement et particulièrement sensible aux cycles économiques.
Dans le Bâtiment, la CAPEB anticipait en janvier 2026 une stabilisation de l’activité (entre –0,5% et +0,5% par rapport à 2025) [3]. La FFB estimait, de son côté, que l’activité bâtiment progresserait légèrement en 2026, de 2,1 % hors effet prix [4], portée par une reprise limitée de la construction neuve. L’entretien-rénovation, en revanche, pourrait pâtir de l’instabilité de MaPrimeRénov’ (l’aide ayant été suspendue une partie de 2025 pour les rénovations d’ampleur). Enfin, « le nouveau calcul du DPE […] a fait sortir de nombreux logements du statut de passoire thermique » et pourrait réduire la demande de travaux.
Du côté des Travaux Publics, l’activité globale du secteur serait en recul de 3,2 % [5], notamment du fait d’une baisse de la commande publique «sous l’effet conjugué des élections municipales et d’un contexte budgétaire et politique tendu », en particulier au niveau national.
[3] « La CAPEB table sur une stabilisation de l’activité des artisans en 2026 », Batiweb, 28/01/2026
[4] « Bâtiment : l’amorce d’une reprise », FFB, 18/03/2026
[5] « Prévisions 2026 : quelles perspectives d’activité pour les travaux publics ? », FNTP, 28/11/2025
Que l’on s’appuie sur l’enquête BMO ou sur les prévisions d’activité pour 2026 qui ont un impact sur les besoins en emplois, ces analyses ont été réalisées avant l’intensification du conflit au Moyen-Orient, et plus précisément avant le blocus du détroit d’Ormuz. Dans ce contexte, les chiffres avancés pourraient être surestimés. D’une part, les effets sur la trésorerie des entreprises pourraient être importants (hausse des prix de l’énergie, notamment des carburants, renchérissement des matériaux, tensions d’approvisionnement, etc.). D’autre part, les clients pourraient reporter ou redimensionner certains projets, au regard des conséquences du conflit sur leur propre budget.
Précisions méthodologiques :
France Travail a réalisé l’enquête BMO sur la France entière. 2,2 millions d’établissements ont été interrogés et 416 000 réponses ont été collectées en octobre 2025.
En 2026, la nomenclature des métiers utilisée est la FAP2021 (Familles professionnelles).
Les données qui portent sur le « secteur regroupé » construction rassemble principalement des entreprises du Bâtiment et des Travaux Publics.
Source : https://statistiques.pole-emploi.org/bmo/