Les secteurs du Bâtiment et des Travaux Publics couvrent une large palette de métiers. Si certains sont bien identifiés par le public (peintre, maçon, menuisier, électricien, carreleur, canalisateur, constructeur d’ouvrages d’art etc.), d’autres sont plus méconnus. Pourtant, ils existent et les résultats de leurs activités sont visibles chaque jour. Quelques-uns d’entre eux sont décrits dans cette page.
Les métiers méconnus du Bâtiment
Les métiers de l’enveloppe du bâtiment
Le couvreur-lauzier est un couvreur qui utilise des roches plates naturelles appelées « lauzes » pour la couverture des toits. Ces tuiles de pierre sont plus épaisses que l’ardoise et peuvent être d’origine calcaire, de schiste ou d’autres matériaux rocheux. Plus lourdes, elles nécessitent également une charpente renforcée. Les toitures en lauze se situent notamment dans des régions montagneuses, en Corse, dans le Périgord etc. Le couvreur-lauzier contribue donc à la préservation du patrimoine et joue un rôle dans la préservation de l’environnement (usage de matériaux naturels, durables et locaux). Les techniques qu’il mobilise nécessitent un savoir-faire précis afin de garantir l’étanchéité du toit.

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Les métiers des finitions
Le chapiste est le professionnel de la réalisation de chapes. Une chape est une couche de mortier posée sur la structure portante du sol des bâtiments (généralement une dalle de béton). Elle assure la finition de la dalle afin d’obtenir une planéité et une horizontalité parfaites. La chape peut être sur béton ou flottante (sur isolation) et est réalisée éventuellement après la pose d’un système de chauffage au sol le cas échéant. En intérieur, la chape sert de support à différents types de revêtement de sols (carrelage, parquet…).
Parmi les professionnels des métiers de la finition, le constructeur de sols industriels réalise différents types de sols qui répondent à des exigences précises : résistance à de fortes charges, aux vibrations, à l’usure, à une circulation dense, aux variations thermiques par exemples. Il intervient donc dans des bâtiments spécifiques : usines, entrepôts, grandes surfaces commerciales, parc des expositions etc. Il effectue également des travaux de finition particuliers, comme la pose de revêtements spéciaux (ex : antidérapant, résistant à certains produits chimiques ou répondant à des exigences dans le domaine sportif comme les courts de tennis, les terrains synthétiques de football…).
Les individus circulent sur le travail de l’applicateur de revêtements de sols en résine lorsqu’ils stationnent leur véhicule dans un parking souterrain. Historiquement, ce professionnel intervenait sur divers sols à usage non résidentiel mais des particuliers font dorénavant appel à lui pour leur logement. Certaines compositions permettent des rendus très différents : lisse, rugueux, brillant, mat, satiné… Elles offrent aussi des possibilités plus artistiques en jouant avec différents mélanges et couleurs (ex : résine Epoxy).

Le staffeur est connu sous 3 appellations différentes selon la spécialité qu’il exerce :
- le plâtrier staffeur réalise des travaux de plâtre décoratif. Il fabrique et pose des corniches, rosaces, colonnes, moulures et des plafonds décoratifs. Il réalise également la pose de plaque de staff en plafond ou en mur. Il travaille en atelier pour la fabrication, puis sur chantier pour la pose ;
- le staffeur ornemaniste crée des ornementations fines et artistiques. Il est spécialisé dans la reproduction ou la création d’ornements complexes (motifs floraux, sculptures, bas-reliefs…). Pour cela, il utilise des moules ou sculpte directement dans le plâtre. Il peut intervenir dans la restauration de bâtiments historiques ;
- le staffeur stucateur intervient dans les finitions en imitant des matériaux nobles afin de donner un aspect luxueux et raffiné aux surfaces. Sa maîtrise du stuc lui permet d’imiter le marbre. Il peut également imiter la pierre ou le bois par des techniques de patine et de polissage. Il travaille souvent sur des murs, colonnes, cheminées et plafonds.
Découvrez le témoignage vidéo d’un maître artisan plâtrier staffeur et stucateur.
Les métiers liés au chauffage
Le poêlier/constructeur mainteneur de poêle maçonné artisanal conçoit, construit et installe des poêles maçonnés en adéquation avec les besoins du client et les données du bâtiment. Ses créations sont donc uniques : il dessine et propose au client le poêle qui lui correspond. Le poêle est construit brique par brique et parfois, certains éléments peuvent être préfabriqués. L’habillage final du poêle est en brique, en enduit ou en faïence. Le poêlier assure la maintenance de l’installation, l’entretien de l’appareil et le ramonage du conduit. Visualisez le résultat final d’un poêle maçonné artisanal en consultant le site de l’AFPMA, l’Association Française du Poêle Maçonné Artisanal.
Le ramoneur fumiste conçoit, dimensionne, installe et entretient les conduits d’évacuation des fumées des appareils de chauffage par combustion. Il intervient dans les bâtiments neufs et existants en respectant les lieux et les équipements. Il assure également le nettoyage des générateurs. Il apporte conseil et assistance aux utilisateurs et prend en compte les impératifs de qualité, d’hygiène, de sécurité et de coût de maintenance. Son activité est réglementée et joue un rôle important dans la sécurité des biens et des personnes (afin d’éviter les intoxications par les fumées, les risques d’incendie etc.).
Les métiers méconnus des Travaux Publics
Les métiers principalement liés aux activités de Génie Civil
Le mineur boutefeu, appelé également boutefeu ou préposé aux tirs, est un professionnel spécialisé dans les opérations qui visent à creuser des galeries (galeries techniques, canalisations d’adduction ou d’évacuation d’eau, tunnels autoroutiers ou ferroviaires…) par l’emploi d’explosifs. Il peut aussi effectuer des opérations de démolition de bâtiments et de déroctage (travaux sous-marins dans des ports, voies navigables…). Ses missions vont de la conception du plan de tir jusqu’à la mise en place des explosifs dans les trous réalisés par le foreur (amorçage, raccordement…) et à l’exécution du tir. Le respect des règles de sécurité et une bonne communication avec tous les personnels sur chantier sont indispensables dans l’exercice de ce métier.
Le batteur de profilé métallique participe à la réalisation d’ouvrages de fondation. Il est chargé d’insérer dans le sol, des pièces métalliques appelées « profilés » qui servent à soutenir des terres ou des fondations d’ouvrages. Dans certains cas, la mise en œuvre de profilés métalliques permet de réaliser des enceintes étanches en milieu aquatique. Des travaux de pompage sont alors réalisés au sein de l’enceinte pour la construction de piliers de ponts (cf. illustration ci-jointe issue de la Tramaf – le syndicat des travaux maritimes et fluviaux). Ce professionnel travaille en collaboration avec un grutier. Il exerce son métier indifféremment sur terre ou sur l’eau depuis un ponton.

Le scaphandrier (ou agent d’inspection scaphandrier) participe au sein de son équipe à l’inspection d’ouvrages en milieu immergé afin d’en déterminer l’état. Il réalise des relevés et analyses afin de détecter de potentielles pathologies dans l’ouvrage d’art (ex : fissures etc.). L’agent d’inspection doit également posséder des connaissances techniques en méthode de construction, en lecture de plans, des notions d’hydraulique, des bases sur le fonctionnement des matériels utilisés.
Les métiers principalement liés aux activités de la route et des voieries
Le pilote de machine à coffrage glissant conduit un engin de chantier destiné à réaliser, en continu, des bordures, des caniveaux, des rails ou des chaussées en béton. Ce professionnel doit maîtriser l’usage de son engin sur le chantier, notamment en vérifiant le balisage de la zone de travail, en préparant sa machine (contrôle de l’état, montage des moules, réglages…), en réceptionnant et contrôlant les bétons qui seront utilisés etc. Ensuite, il peut couler le béton et vérifier la qualité de son intervention. Il gère également l’entretien courant de sa machine (graissage, vérification des niveaux, nettoyage…). Consultez l’article dédié aux machines à coffrage glissant sur Tpdemain.com pour comprendre le fonctionnement de ces machines et observer les illustrations mises à disposition.
Les professionnels de la signalisation routière se distinguent par :
- le milieu d’exercice de l’activité : la zone urbaine qui comprend un trafic dense et divers usagers (automobilistes, cyclistes, piétons etc.) et la zone extra urbaine qui comprend des vitesses moyennes à élevées (autoroutes) avec des voies de circulation séparées ou non ;
- le type de signalisation : la signalisation routière horizontale (marquages au sol), la signalisation temporaire (ex : traçage en jaune, pose de signalisation lumineuse…), la pose de panneaux etc.
Ces professionnels jouent un rôle essentiel dans la circulation des personnes, des biens et dans la sécurité de tous les usagers. Selon le chantier, les techniques mobilisées, les matériels et les règles de sécurité applicables diffèrent. Plusieurs certifications sont donc disponibles pour ces métiers : poseur de signalisation temporaire sur route à chaussées séparées ou sur routes bidirectionnelles et voiries urbaines, applicateur urbain ou routier/autoroutier en prestations de signalisation routière horizontale.
Les métiers des réseaux
L’opérateur en réhabilitation sans tranchée de canalisation est un professionnel de la rénovation des canalisations sans ouvrir le sol. Il intervient donc sur les réseaux d’eaux usées, pluviales ou d’eau potable, pour réparer et entretenir des canalisations sans excavation. Pour cela, il introduit une gaine dans la conduite existante. Celle-ci se plaque à l’ancienne, après usage d’une technique appelée polymérisation, créant une nouvelle canalisation interne étanche et durable. Afin d’exercer son activité, il manipule divers appareils techniques comme des caméras d’inspection, des robots de fraisage etc. De par ses actions, ce professionnel limite fortement les nuisances (pas de tranchée donc moins de bruit pour les riverains et pas de perturbation du trafic routier). De plus, il contribue à la préservation de l’environnement (il résout les fuites d’eau) et prolonge la durée de vie des infrastructures existantes.

Pour accéder à ces métiers, des certifications spécifiques sont disponibles. Il peut s’agir de diplômes ou titres inscrits au RNCP (ex : CAP staffeur ornemaniste) ou de Certificats de Qualifications Professionnelles (CQP). Ces derniers sont développés par les branches professionnelles du BTP et confèrent a minima à leur détenteur une reconnaissance officielle dans la convention collective de leur branche. Certains CQP sont quant à eux inscrits au Répertoire Spécifique de France Compétences et permettent à leur titulaire d’obtenir un niveau dans la nomenclature des niveaux de certifications. Pour découvrir la liste complète des CQP, explorez la page dédiée aux certifications du BTP. Le BTP dénombre près de 100 CQP !