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Les femmes salariées dans le BTP

Une féminisation lente mais continue

En 2024, les femmes représentaient un peu plus de 13 % des salariés du Bâtiment et des Travaux Publics. Cette proportion progresse de manière continue depuis une dizaine d’années, traduisant une évolution graduelle de la place des femmes dans un secteur historiquement masculin. Les données disponibles permettent d’éclairer cette dynamique à travers la répartition des emplois, les métiers exercés et les trajectoires professionnelles au sein du BTP.

Les sources mobilisées – DARES et UCF-CIBTP – mettent en évidence une progression régulière de la part des femmes dans l’emploi salarié du secteur. Selon les portraits statistiques de branche de la DARES, cette part est passée d’environ 11 % au début des années 2010 à près de 13,6 % en 2023, soit une hausse de près de 4 points en une douzaine d’années, dont environ 1 point au cours des cinq dernières années.

Les données plus récentes de l’UCF-CIBTP, issues des déclarations des entreprises aux caisses de congés payés, permettent de préciser la situation en 2024. Cette année-là, les femmes représentent 13,3 % des salariés du Bâtiment et 12,2 % de ceux des Travaux Publics.

Graphique sur l'évolution de la part des femmes depuis 2020. Dans le Bâtiment, 12,4% de femmes en 2020 et 13,3% en 2024. Dans les Travaux Publics, 11,3% en 2020 et 12,2% en 2024.
Évolution de la part des femmes dans l’emploi salarié du BTP (2020–2024)Bâtiment et Travaux Publics

Champ : Salariés du BTP relevant des branches du Bâtiment et des Travaux Publics, déclarés aux caisses de congés payés de l’UCF-CIBTP. Période 2020–2024.

Note de lecture : La part des femmes correspond au rapport entre les effectifs féminins et l’ensemble des salariés de chaque branche. L’axe des ordonnées est resserré afin de mettre en évidence les évolutions observées sur la période.

Des disparités selon les métiers exercés

La faible part globale des femmes dans l’emploi salarié du BTP recouvre des situations très contrastées selon les métiers. Leur présence se concentre d’abord dans les fonctions support, en particulier dans les métiers administratifs, où les femmes sont largement majoritaires : elles représentent près de 64 % des salariés dans le Bâtiment et 63 % dans les Travaux Publics. Les fonctions commerciales présentent également une féminisation plus marquée que la moyenne du secteur, avec 15 % de femmes dans le Bâtiment et 19 % dans les Travaux Publics en 2024.

Du point de vue des niveaux de qualification, les femmes occupent une place significative parmi les ETAM, qui regroupent une part importante des effectifs féminins : environ 45 % dans le Bâtiment et 25 % dans les Travaux Publics.

Les métiers des études, de l’ingénierie et de l’encadrement ne concentrent pas la majorité des emplois féminins, mais ils participent à l’évolution récente de la féminisation du secteur. Entre 2020 et 2024, la part des femmes parmi les cadres et ingénieurs progresse de près de 2 points dans les deux branches, traduisant une dynamique positive, bien que graduelle et d’ampleur encore limitée.

À l’inverse, les métiers de production sur les chantiers demeurent très majoritairement masculins. Quelques exceptions se distinguent toutefois, notamment le métier de peintre dans le Bâtiment, où les femmes représentent un peu plus de 6 % des effectifs, contre le plus souvent moins de 2 % dans les autres métiers de chantier.

Graphique sur l'évolution de la part des femmes parmi les cadres et ingénieures du BTP depuis 2020. Dans le Bâtiment, 20,3% de femmes cadres et ingénieures en 2020 et 22,2% en 2024. Dans les Travaux Publics, 19,4% de femmes cadres et ingénieures en 2020 et 21,5% en 2024.
Évolution de la part des femmes parmi les cadres et ingénieures du BTP (2020–2024)Bâtiment et Travaux Publics

Champ : Salariés du BTP relevant des branches du Bâtiment et des Travaux Publics, déclarés aux caisses de congés payés de l’UCF-CIBTP, par catégorie socioprofessionnelle. Période 2020–2024.

Note de lecture : La part des femmes correspond au rapport entre les effectifs féminins et l’ensemble des salariés cadres et ingénieurs de chaque branche. L’axe des ordonnées est resserré afin de mettre en évidence les évolutions observées sur la période.

Au-delà des niveaux observés en 2024, l’analyse des évolutions entre 2016 et 2024 met en évidence une féminisation qui progresse principalement dans les métiers des études, de l’ingénierie et de l’encadrement, tandis qu’elle demeure plus limitée dans les métiers de production.

Dans le Bâtiment, la part des femmes augmente notamment parmi les dessinateurs (+3,5 points), les ingénieurs (+2,4 points) et les conducteurs de travaux (+2,8 points), alors que les évolutions restent faibles dans la plupart des métiers de chantier, à l’exception du métier de peintre (+1,5 point). Dans les Travaux Publics, les progressions les plus marquées concernent également les métiers des études et de l’encadrement, en particulier les dessinateurs (+16 points) et les chargés d’affaires et conducteurs de travaux (+3,6 points chacun).

Accès au secteur : une présence féminine relativement plus élevée, mais des fidélisations plus complexes

À l’entrée dans le BTP, la part des femmes est supérieure à celle qu’elles occupent dans l’ensemble de l’emploi salarié du secteur, même si elles demeurent minoritaires en effectifs.

En 2024, les femmes représentent 22 % des salariés entrants dans le Bâtiment et 16 % dans les Travaux Publics, des niveaux supérieurs à leur poids global dans l’emploi du BTP.

Cette dynamique d’accès s’accompagne toutefois d’une mobilité professionnelle plus élevée vers l’extérieur du secteur. Entre janvier 2022 et janvier 2023, 25 % des femmes salariées du BTP ont changé de métier, contre 21 % des hommes, selon les données de la DARES. Autrement dit, si l’entrée des femmes dans le secteur est relativement plus fréquente, leur maintien dans l’emploi apparaît plus fragile.

En conclusion

Les données confirment une hausse continue de la part des femmes dans l’emploi salariés du BTP, sans inflexion récente. Cette évolution reste toutefois modérée et s’inscrit dans un mouvement de long terme. Les femmes sont aujourd’hui majoritairement employées dans les emplois administratifs et commerciaux et, dans une moindre mesure, dans les fonctions d’études et d’ingénierie, tandis que les métiers de production sur les chantiers demeurent très largement masculins.

La progression observée parmi les cadres et ingénieures participe à cette évolution, mais son effet sur l’ensemble de l’emploi du secteur demeure encore limité. Par ailleurs, la plus forte présence des femmes parmi les entrants, combinée à une mobilité plus élevée vers l’extérieur du BTP, souligne que les enjeux portent autant sur l’accès que sur le maintien dans l’emploi. Ces constats invitent à poursuivre la réflexion sur les leviers permettant de renforcer la pérennisation des parcours professionnels féminins dans le BTP.


Sources de données

Les données mobilisées proviennent de l’UCF-CIBTP (déclarations aux caisses de congés payés, données 2024) et de la DARES (portraits statistiques de branche, données 2011-2023) Les portraits statistiques de branches professionnelles | DARES, Comprendre les transitions professionnelles grâce à la datavisualisation https://dares.travail-emploi.gouv.fr/donnees/transitions-professionnelles (2022-2023).

Pour accéder à d’autres chiffres clés sur les secteurs BTP, consultez Le BTP en chiffres – Observatoire des métiers du BTP.