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Les grands facteurs d’évolution des marchés du BTP

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L’évolution des marchés de la Construction repose sur des facteurs multiples (conjoncture, comportements des acteurs économiques privés et publics, prix des matériaux, taux d’intérêt, pouvoir d’achat des ménages, évolution démographique, etc.), qui échappent largement aux décisions des entreprises de la Construction elles-mêmes.


Ainsi, pour le Bâtiment, les principales incertitudes sont relatives au degré d’industrialisation de la filière ou encore aux politiques publiques incitatives en matière de logement, mais ce ne sont pas les seules interrogations. Il faut également mesurer l’impact à la fois au plan quantitatif (combien de logements) et qualitatif (quel type de logement) des évolutions de nature sociologique ou démographique qui risquent d’impacter l’activité de la construction de logements neufs et/ou celle de l’amélioration et l’entretien : double lieux d’habitation des retraités, familles monoparentales, rapprochement lieu de travail / lieu d’habitation, stratégies patrimoniales de placements (dans la pierre, valeurs mobilières, or, etc.).


Pour les Travaux Publics, ce sont ici les enjeux relatifs à la vie publique et politique qui sont fondamentaux, comme la problématique du cycle électoral et du cycle de l’investissement ou encore celle des conditions de la privatisation des entreprises publiques.   

 

Rétrospective : une croissance exceptionnelle du secteur pendant 8 ans, suivie d’un retournement de conjoncture en 2008 et d’un fort repli d’activité en 2009

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La croissance des années 2000 : après la profonde crise des années 90, le secteur de la Construction avait renoué avec une croissance dynamique, supérieure à celle du reste de l’économie nationale. En huit années de croissance quasi-continue, le Bâtiment aura créé plus de 150 000 emplois salariés, avec un niveau exceptionnel de mises en chantiers en 2006 : 436.000 unités, qui représentaient une croissance de 9,7% de la production.

 

Les effets de la crise en 2008 : au cours de l’année, le Bâtiment subit à son tour la crise à travers un fort ralentissement de sa croissance. L’artisanat du bâtiment résiste plus longtemps que l’ensemble du secteur en 2008, mais sera touché par une baisse de son activité au premier trimestre 2009. Dans les Travaux publics, la baisse de l’activité s’accentue en fin d’année 2008 et début 2009. Toutefois, l’emploi salarié du secteur de la Construction s’est globalement maintenu en 2008, avec une légère progression de + 0,9% enregistrée entre le quatrième trimestre 2007 et le quatrième trimestre 2008 (1 486 300 emplois fin 2008).

Un fort repli de l’activité en 2009 est enregistré dans le Bâtiment comme dans les Travaux publics ; les statistiques de l’emploi enregistrent une baisse :

  • Dans le bâtiment, l’année 2009 s’est achevée sur un recul global de l’activité de près de 8%, moyenne qui correspond à des situations contrastées selon les marchés : fort recul des logements mis en chantier (-16,4%) et du marché du non-résidentiel neuf (seulement 22,3 millions de m² mis en chantier en 2009) ; baisse de -2,9% de l’amélioration entretien du bâtiment malgré les mesures de relance (éco-prêt à taux zéro). Par contre, forte accélération des mises en chantier sur le segment du locatif social, due aux effets du Plan national de rénovation urbaine (PNRU), du Plan de cohésion sociale (PCS), puis du Plan de relance : de l’ordre de 80.000 logements locatifs sociaux ont été lancés en 2009.

  • Les artisans du bâtiment ont été relativement moins touchés par la crise que les entreprises de plus de 20 salariés avec une baisse de -6,5% de l’activité au dernier trimestre 2009.

  • Les Travaux Publics ont atteint un plancher en octobre 2009 (-8% d’activité) ; sur les marchés extérieurs, le chiffre d’affaires des entreprises françaises était en baisse de -6,4% sur l’année 2009.

  • Voir la dernière note de conjoncture


En 2009, l’emploi salarié est touché
dans les Travaux publics et dans une moindre mesure dans le Bâtiment ; le recours à l’intérim diminue fortement. Les Travaux publics enregistrent une baisse des ouvriers permanents dès janvier 2009 (-0,7%), tandis que les heures effectuées par le personnel intérimaire fléchissent fortement (- 40% en 3 mois) ; la baisse des effectifs ouvriers permanents s’accentue au cours de l’année, atteignant -2% en octobre. Dans le bâtiment, le recul de l’emploi est plus limité : il s’établit à 3,3% sur l’année, contrats d’intérim compris. 

Une stratégie d’offre pour mieux répondre aux évolutions des marchés.

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La clientèle institutionnelle et les particuliers acceptent de moins en moins une offre de travaux atomisée entre les différents corps d’état. Ainsi, l’entreprise du BTP de toute taille met de plus en plus en place une stratégie d’offre : conception et mise en place d’une stratégie d’offre (marketing), développement de la fonction commerciale, adapter ses compétences et son organisation à ces exigences.

Source : CEP

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Une série de normes pour des bâtiments plus soucieux de l’environnement et plus confortables

Face à des marchés pas toujours prévisibles, la variabilité des réponses des entreprises

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Sur des marchés en mouvement et concurrentiels, la stratégie des entreprises de la Construction sont variables. Une certitude toutefois : les entreprises doivent développer des capacités d’adaptation aux changements, notamment en adaptant et développant constamment les compétences de leur personnel

Diversification vers les métiers connexes ou recentrage sur le métier de base de l’entreprise ?


Se recentrer –ou se maintenir- sur le coeur du métier constitue une stratégie affichée par de nombreuses entreprises, notamment les petites pour demeurer visibles et consolider une réputation assise sur la qualité.


A l’inverse, les fluctuations de l’activité de construction ainsi que la demande du client pour un service complet incitent d’autres entreprises à avoir une offre globale (stratégie d’offre). Pour y parvenir, elles se dotent en interne de compétences complémentaires ou font appel à de la sous-traitance. L’une ou l’autre des solutions n’est pas sans difficultés, notamment dans la démarche commerciale et l’organisation de l’entreprise et des chantiers. Dans les deux cas, de nouvelles compétences sont nécessaires.


Étendre géographiquement son marché est une autre forme de diversification : une limite intervient alors, celle qui va remettre en cause le privilège de la proximité sur laquelle on a construit son entreprise et que l’on perdra nécessairement si l’on opère loin de ses bases.

La stratégie de niche présente des avantages, mais aussi des limites

Dans le Bâtiment le secteur de la rénovation constitue une niche à lui tout seul, et il concerne généralement par rapport au neuf,   une clientèle de niveau de vie plutôt plus élevé, et dont l’âge moyen est également plus élevé. Même constat sur des marchés comme la climatisation ou la sécurité personnelle.


C’est également sur le marché de la rénovation que les Travaux publics déploient aujourd’hui certaines de leurs activités, activités qu’ils considèrent aussi comme des niches. Il s’agit notamment des marchés qui sont liés à la maintenance voire à la gestion d’équipements. Ces marchés naissent également avec l’évolution des normes de sécurité (dans les parkings, dans les réseaux d’égout notamment). C’est un changement radical pour nombre d’entreprises qui n’intervenaient jusqu’à présent que sur le marché du neuf.


Les limites sont dus au fait que le positionnement sur une niche, en particulier sur le marché de la rénovation, requiert en général plus de qualité et plus de technicité. Les limites techniques reposent sur le fait, par exemple, que le marché de la rénovation a un revers important : celui de la grande difficulté à positionner son devis. En effet, le marché de la rénovation est un marché masqué. On peut y découvrir des vices cachés (amiante, plomb..). Pour certaines entreprises, le marché de niche constitue une diversification de leur activité principale.

Le critère de la taille


Dans les périodes de forte activité, les petites entreprises se dirigent plutôt sur les petits chantiers et les grandes entreprises sur les chantiers plus importants. Mais en période de crise les grandes entreprises se déplacent sur l’ensemble des marchés rendant la concurrence plus vive. Dans les TP, on juge souvent que les plus petites entreprises sont redoutables du fait de leur flexibilité et de leur réactivité. Dans la construction de routes, ou sur le marché des réseaux humides,  les entreprises locales (PME) exercent une concurrence active avec le prix comme principal argument. Elles sont capables de répondre sur des gros marchés avec des frais de structure relativement moins importants.


D’une manière générale, la petite taille permet de rentrer dans les interstices du marché, sur les chantiers les plus modestes où ne vont généralement pas les plus grandes.

Source : CEP

Développement de nouvelles formes de marché

La tendance vers les macros-lots


chantier-74Les grandes entreprises de bâtiment et de génie civil notent une tendance vers les Macros lots c'est-à-dire une commande divisée en plusieurs lots séquencés: un lot Gros œuvre/couverture/hors d’eau (fenêtres, étanchéité), un lot technique (électricité, chauffage) et un lot finition (peinture, menuiserie). Un pilote est désigné pour coordonner l’ensemble de l’ouvrage (principalement des bureaux spécialisés). Cette tendance pourrait renforcer la nécessité de rapprochements d’entreprises, voire de groupements d’entreprises en capacité d’y répondre.


Ces nouvelles tendances permettent à des entreprises plus modestes de répondre à ces macro-lots quand elles le peuvent. On assiste à une préférence croissante de la part de la maîtrise d’ouvrage pour des entreprises de la Construction présentant une capacité financière importante et/ou un large spectre d’activités leur permettant de couvrir l’ensemble des métiers exigés, voire de jouer un rôle de maîtrise d’œuvre. La Maîtrise d’Ouvrage aujourd’hui, par souci de simplification, semble donc privilégier les marchés à interlocuteur unique. La coopération entre plusieurs PME est alors une réponse.


Le partenariat public-privé (PPP ou contrat de partenariat)


Les PPP, nés dans les pays anglo-saxons ont pris réalité dans notre pays depuis l’ordonnance du 17 juin 2004. Ils sont considérés par les grandes entreprises françaises de TP et de génie civil comme pouvant avoir un impact sur l’avenir des marchés.


Ce sont des contrats administratifs par lesquels l’Etat ou un établissement public confie à un tiers, pour une période déterminée en fonction de la durée d’amortissement des investissements ou des modalités de financement retenues, une mission de service public pour la construction d’ouvrages ou d’équipements, ainsi que pour leur entretien, leur maintenance, leur exploitation ou leur gestion, et le cas échéant, pour d’autres prestations de services concourant, à l’exercice  de la mission de service public. Le principe de montages financiers complexes rend nécessaire un partenariat qui intègre des banquiers ou le développement de compétences juridico-financières.


Cette formule nouvelle permet ainsi le financement privé des ouvrages et services publics, en associant un tiers privé à un projet public, et de dépasser les durées habituelles de délégation de service public.


Beaucoup d’incertitudes restent à ce jour sur l’ampleur que pourraient prendre ces nouveaux types de contrats à l’avenir mais les experts estiment qu’ils ne devraient pas complètement révolutionner le secteur.


le rôle de l’entreprise dans la conception des projets (service complet, de la conception à la réalisation) augmente. Cette évolution conduit à une responsabilité plus importante de l’entreprise. Elle nécessite la mise en place d’une organisation plus transversale et entraîne des besoins de formation sur l’ensemble de la chaîne de production :

 

  • Le marketing : études de faisabilité, commercial, gestion de projets
  • La conception et le montage de projets
  • L’ingénierie financière
  • La gestion et la maintenance des ouvrages ainsi que la maîtrise juridique des contrats de maintenance

Décentralisation : les modifications de la demande publique (plus d’intervenants, prise de décision plus longue)

batiment-55Elle affecte principalement les entreprises de TP qui dépendent encore à 70% de la commande publique.


Les réformes qui affectent la décentralisation et l’aménagement du territoire ont une incidence directe sur l’activité des TP, notamment en matière de routes et de canalisations.


La commande publique change de visage sous la pression de la décentralisation où le rôle de l’Etat est redéfini. Le mouvement va se poursuivre avec la mise en place de l’acte III de la décentralisation. La modification des finances publiques, au travers de la mise en place de la nouvelle loi organique relative aux lois de finance (LOLF) au 1er janvier 2006, inscrit dans ses textes l’obligation de procéder à une évaluation des établissements publics à tous niveaux, et dans cet objectif, de mettre en place des indicateurs de performance. Ces dispositions engendreront nécessairement à terme des modifications de comportement de la part du donneur d’ordre public, dans la contractualisation notamment.


On observe avec la décentralisation une atomisation du « donneur d’ordre » public


Elle induit ici un phénomène de multiplication des financements pour une même opération : cette multiplicité des financements contribue à ralentir les processus de décision côté donneur d’ordre, car il faut le temps de la négociation pour la répartition financière entre partenaires publics (Etat, Région, Département, Ville). En outre, s’ajoute le temps du débat public autour des questions environnementales qui vient se greffer à ces problématiques financières.


Les délais sont donc de plus en plus longs entre les décisions des pouvoirs publics en matière d’infrastructure, et leur réalisation. A titre d’exemple, quand 2 à 3 ans étaient nécessaires à la décision dans le cas d’une rocade, on est aujourd’hui sur des délais de 6 à 7 ans. La multiplicité des niveaux, des acteurs, de ceux qui financent engendre une multiplication des incohérences, occasionnant des interruptions parfois longues des chantiers. 


En outre, les donneurs d’ordre publics sont de plus en plus exigeants sur les délais d’exécution, car ils subissent une pression des riverains qui supportent de moins en moins les nuisances occasionnées par les travaux effectués près de leur domicile ; tout en réclamant des infrastructures neuves ou rénovées.


Intercommunalité


Paradoxalement, si on assiste plus généralement à une atomisation du donneur d’ordre public, on constate aussi une autre tendance : le client unique. Cette tendance est liée au développement de l’intercommunalité, qui « remplace » les interlocuteurs habituels (les maires) sur les compétences qui lui ont été transférées.

 


Source : CEP

La qualité, la sécurité et l’environnement font l’objet d’exigences accrues des donneurs d’ordre

batiment-80La qualité est depuis longtemps une préoccupation majeure du monde de la construction. Depuis quelques années, cette question s’ouvre davantage à des préoccupations environnementales : économies d’énergie, bruits externes et internes, maintenance économe des ouvrages, développement durable, gestion des déchets.


Ces nouvelles exigences sont de plus en plus présentes dans les appels d’offres ainsi que dans la demande des particuliers.


Ceci modifie la nature des travaux, et les moyens de les réaliser mais aussi leur volume, notamment en fonction des politiques de soutien des pouvoirs Publics aux travaux d’économie d’énergie.

Concernant la sécurité sur les chantiers –autre préoccupation majeure des entreprises du BTP-, l’idée est de traiter cette question en même temps que la qualité et le développement durable avec un système intégré de management  QSE (qualité, sécurité, environnement,).


Cela demande la maîtrise des normes, l’intégration dans le chantier des questions relatives à la qualité,  la sécurité et l’environnement, ainsi que sensibiliser et faire adhérer l’ensemble des collaborateurs à cette démarche.


Source : CEP

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