25/10/2011 

 L'activité 2011 dans le BTP : des signes de reprise à confirmer 

Le recul global de l’activité du secteur de la Construction, estimé en 2009 à -5,2% (INSEE), s’est poursuivi dans une moindre mesure en 2010 avec une baisse de l’emploi de plus de 1% (16.900 postes) sur l’année. En 2011, le secteur enregistre une très nette reprise sur la plupart des marchés.

Dans le Bâtiment, les évolutions connues en termes d’activité à fin septembre confirment que 2011 est une année de reprise pour le bâtiment. Ainsi, dans le neuf, on note sur la base des données des huit premiers mois de l’année qu’en rythme annuel :

  • le redécollage est vif dans le logement, avec des autorisations et des mises en chantier qui progressent respectivement de 12,3% et 20,3%, mais le tassement de la reprise constaté depuis le mois de mars inquiète pour 2012 ;

  • la reprise s’avère tout aussi nette dans le non-résidentiel avec, hors bâtiments agricoles, des surfaces de permis accordées et des surfaces mises en chantier en hausses respectives de 12,0% et 21,0%.


En ce qui concerne l’amélioration-entretien, les données du premier semestre 2011 indiquent une hausse de 1,0% de l’activité en volume par rapport au premier semestre 2010.

En conséquence, la reprise de l’emploi attendue s’est bien manifestée. De fait, au premier semestre 2011, le gain net d’emplois s’établit à environ :

  • 7.300 par rapport au premier semestre 2010, l’intégralité du mouvement s’expliquant par la hausse de l’intérim, alors que les effectifs salariés ont encore un peu reculé (2.500 personnes en moins) ;

  • 12.100 depuis le début de l’année, grâce à la hausse simultanée de toutes les natures de contrats.

Reste que la dynamique de la reprise montre des signes d’essoufflement depuis le printemps, ce qui n’est pas de très bon augure pour 2012. D’autant que les prix semblent à nouveau reculer depuis le mois d’août.


Dans l’artisanat du Bâtiment, la reprise de l’activité des artisans du bâtiment, pourtant bien amorcée au second trimestre avec une hausse de +2,5 %, s’est grippée durant la période estivale. L’activité a en effet progressé de seulement +1,5 %. Cet enlisement de la croissance contraint la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) à revoir sa prévision de croissance annuelle à la baisse : +2,2 % contre +2,9 % annoncé le trimestre précédent.

  • La légère croissance de ce semestre est soutenue par le segment de la construction neuve avec une activité qui reste stable pour le 3e trimestre consécutif à +3 %. Néanmoins, les données sur les mois de juin, juillet, août font ressortir une baisse de 7,5 % des permis de construire de logements individuels purs.

  • Le segment de l’entretien-amélioration, qui avait déjà connu une croissance moindre depuis le début de l’année, a été divisé par deux (+1%). Ce ralentissement de l’activité s’explique pour partie par la frilosité des ménages à engager des travaux de rénovation de leur logement face, notamment, à une fiscalité « verte » versatile et peu attractive.

Des écarts d’évolution entre les différents corps de métiers sont à noter au 3e trimestre. D’un côté les couvreurs-plombiers-chauffagistes et menuisiers-serruriers voient leur rythme d’activité s’accélérer légèrement (respectivement +2,5 % et + 2 %).

De l’autre, la croissance est toujours au rendez-vous pour les électriciens (+ 1,5 %) et les maçons (+ 1 %) mais elle est plus contenue qu’au trimestre précédent. Enfin, les spécialistes de l’aménagement-décoration-plâtrerie déplorent quant à eux une augmentation d’activité très limitée (+ 1 %).


Dans les Travaux Publics, après un redressement de l’activité, le climat conjoncturel se dégraderait au troisième trimestre 2011, selon les entrepreneurs interrogés en octobre 2011.

  • Sur les huit premiers mois de l’année, l’activité conserve une croissance de 0,6% en volume comparé à la même période de l’année précédente. Les effectifs ouvriers permanents sont stables avec 171 000 salariés.

  • Toutefois, l’activité ralentirait au troisième trimestre 2011 : les entrepreneurs sont bien moins nombreux qu’au deuxième trimestre à indiquer que l’activité a progressé sur la période récente.

Les entrepreneurs anticipent un ralentissement des créations d’emploi au cours des prochains mois. Seules 13 % des entreprises déclarent être contraintes par une insuffisance de main d’œuvre. Toutefois, le solde d’opinion correspondant reste au-dessus de sa moyenne de longue période.



Sources: INSEE, FNTP, FFB, CAPEB – octobre 2011
(Mise à jour octobre 2011)